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De [nettime.fr] mailing list Terrorisme ou tragicomédie ?
A propos des arrestations médiatisées en France de neuf jeunes activistes le 11 novembre 2008, accusés d'"association de malfaiteurs à visée terroriste". alors que le dossier de l'accusation est vide, l'opération menée avec le soutien du gouvernement ressemble de plus en plus à une tentative de répression politique. Dans la France de Sarkosy, cherche-t-on à faire taire les voix divergentes ?
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De: Louise Desrenard
Date: 24.11.08
Sujet: [nettime-fr] Terrorisme ou tragi-comédie / Libérez les activistes de Tarnac !
Terrorisme ou tragicomédie ?
Giorgio Agamben philosophe italien.
A l’aube du 11 novembre, 150 policiers, dont la plupart appartenaient aux brigades antiterroristes, ont encerclé un village de 350 habitants sur le plateau de Millevaches avant de pénétrer dans une ferme pour arrêter 9 jeunes gens (qui avaient repris l’épicerie et essayé de ranimer la vie culturelle du village). Quatre jours plus tard, les 9 personnes interpellées ont été déférées devant un juge antiterroriste et «accusées d’association de malfaiteurs à visée terroriste». Les journaux rapportent que le ministre de l’Intérieur et le chef de l’Etat «ont félicité la police et la gendarmerie pour leur diligence». Tout est en ordre en apparence. Mais essayons d’examiner de plus près les faits et de cerner les raisons et les résultats de cette «diligence».
Les raisons d’abord : les jeunes gens qui ont été interpellés «étaient suivis par la police en raison de leur appartenance à l’ultra-gauche et à la mouvance anarcho autonome». Comme le précise l’entourage de la ministre de l’Intérieur, «ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers». Mais il y a plus : certains des interpellés «participaient de façon régulière à des manifestations politiques», et, par exemple, «aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration». Une appartenance politique (c’est le seul sens possible de monstruosités linguistiques comme «mouvance anarcho autonome»), l’exercice actif des libertés politiques, la tenue de discours radicaux suffisent donc pour mettre en marche la Sous direction antiterroriste de la police (Sdat) et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Or, qui possède un minimum de conscience politique ne peut que partager l’inquiétude de ces jeunes gens face aux dégradations de la démocratie qu’entraînent le fichier Edvige, les dispositifs biométriques et le durcissement de règles sur l’immigration.
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-- en
[extracts]
On the morning of November 11, 150 police officers, most of which belonged to the anti-terrorist brigades, surrounded a village of 350 inhabitants on the Millevaches plateau, before raiding a farm in order to arrest nine young people (who ran the local grocery store and tried to revive the cultural life of the village). Four days later, these nine people were sent before an anti-terrorist judge and "accused of criminal conspiracy with terrorist intentions." The newspapers reported that the Ministry of the Interior and the Secretary of State "had congratulated local and state police for their diligence." Everything is in order, or so it would appear. But let's try to examine the facts a little more closely and grasp the reasons and the results of this "diligence."
First the reasons: the young people under investigation "were tracked by the police because they belonged to the ultra-left and the anarcho autonomous milieu." As the entourage of the Ministry of the Interior specifies, "their discourse is very radical and they have links with foreign groups." But there is more: certain of the suspects "participate regularly in political demonstrations," and, for example, "in protests against the Fichier Edvige (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale) and against the intensification of laws restricting immigration." So political activism (this is the only possible meaning of linguistic monstrosities such as "anarcho autonomous milieu") or the active exercise of political freedoms, and employing a radical discourse are therefore sufficient reasons to call in the anti-terrorist division of the police (SDAT) and the central intelligence office of the Interior (DCRI). But anyone possessing a minimum of political conscience could not help sharing the concerns of these young people when faced with the degradations of democracy entailed by the Fichier Edvige, biometrical technologies and the hardening of immigration laws.
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